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Éditorial : En faveur de l’écriture inclusive
Julie Gillet,
Francopresse
19 août 2021

En mai dernier, le ministre français de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer, a formellement banni des écoles l’utilisation de l’écriture inclusive, qui inclut le point médian. Cette interdiction survient après de longues années de débats houleux opposant les disciples d’une langue « pure » aux progressistes militant pour des tournures plus respectueuses des personnes. Le Canada n’échappe pas à ce débat.

D’un côté, il y a l’Académie française, toujours dans la « retenue » et « l’ouverture d’esprit », qui a indiqué en 2017 que l’écriture inclusive mettait la langue française en « péril mortel ».

Ce petit groupe — majoritairement masculin, bien sûr, et qui ne compte pas de linguiste dans ses rangs, rappelons-le — explique alors redouter « une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité ».

De l’autre côté, toujours en France, 314 membres du corps professoral signaient en 2017 une tribune contre l’apprentissage de la règle grammaticale du masculin qui l’emporte sur le féminin.

Au Canada, nous avons également notre lot de chroniques et de positions enflammées pour affirmer que l’écriture inclusive « rend la langue illisible ». Comme s’ils s’étaient déjà un jour souciés de rendre leurs textes accessibles au plus grand nombre.

En contrepartie, il y a Valérie Plante, à la mairie de Montréal, qui annonçait en mai 2020 vouloir faire adopter un mode de communication épicène au sein de son administration. Il y a aussi le travail mené par l’Office québécois de la langue française (OQLF) depuis la fin des années 70.

Mais reprenons depuis le début et précisons : l’écriture inclusive, ce n’est pas que le point médian. Il s’agit plutôt d’un ensemble de pratiques utilisées depuis une dizaine d’années dans les milieux académiques et communautaires afin de rétablir l’égalité entre le féminin et le masculin dans la langue française. Elle comprend, entre autres, les formulations neutres (la clientèle pour le client), les doublets complets (toutes et tous plutôt que tous) et les signes typographiques marquants l’inclusion, comme le point médian.

N’en déplaise aux adversaires de l’écriture inclusive, il s’agit là d’un débat essentiel. La langue définit la manière dont nous pensons et agissons. Des études ont notamment démontré que les femmes renonçaient davantage à répondre à une offre d’emploi lorsque celle-ci était rédigée uniquement au masculin.

L’écriture inclusive permet également de mieux représenter les minorités de genre. Des membres de la communauté LGBTQIA+ ont ainsi créé de nouveaux pronoms plus englobants en matière de sexe et de genre, comme le pronom iel construit sur les pronoms genrés existants il et elle. Ces pronoms conviennent aux personnes dont le genre est fluide, comme les personnes non-binaires.

Les règles du français sont des constructions sociales, des choix politiques.

Il serait temps de remettre la langue au service des gens ; de tous les gens, non?

 

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