Alors que le promoteur Amir Mourad Sadek commençait à trouver le temps long, la Ville d’Ottawa lui a finalement accordé le 16 janvier la permission d’implanter, rue Innes, une super clinique médicale à Orléans.
Le président de IDEAL Health Group possède une bonne demi-douzaine de pharmacies et de cliniques à Ottawa, en plus du Orléans Ideal Urgent Care Clinic, Place d’Orléans. En entrevue à L’Orléanais, début janvier, il affirmait que cela faisait plusieurs mois qu’il attendait la décision de la ville. Quelques jours après l’heureuse nouvelle, alors qu’il était en Espagne, par l’intermédiaire de son adjointe administrative, Nelly Antranikian, il n’a pas manqué de faire savoir à L’Orléanais, qu’il était évidemment très heureux de la décision.
Le projet représente un investissement considérable : « Le coût initial est de 8 à 10 millions de dollars », précise M. Sadek.
Une fois construite, la super clinique devrait offrir un large éventail de services intégrés : médecins de famille, soins d’urgence mineurs, laboratoires et imagerie médicale, entre autres. Le médecin d’origine égyptienne estime que « 25 à 30 000 personnes » pourraient ainsi avoir accès à un médecin de famille.
La super clinique est vue d’un bon œil par le conseiller Matthew Luloff : « Cette proposition représente le type d’investissement dont Orléans a besoin à l’heure actuelle. »
Selon lui, l’accès aux soins de santé de proximité, en particulier en ce qui concerne les médecins de famille « demeure un défi important pour de nombreux résidents. »
Cependant, compte tenu du caractère bilingue d’Orléans, il est essentiel pour lui que des soins en français puissent être prodigués : « J’ai été clair auprès des propriétaires quant à l’importance d’offrir des services et une signalisation sur place en français et en anglais. » À cela, M. Sadek n’y voit aucun inconvénient.
Maintenant que le permis pour le plan d’implantation est accordé, au bureau du conseiller Luloff, son assistante Jordan Farris est d’avis que « les propriétaires pourront demander un permis de construction et aller de l’avant avec les travaux. »
Pour Chris Cope, agent du développement économique, Initiatives stratégiques à la Ville d’Ottawa, il y aura également des retombées économiques pour Orléans.
« Les matériaux de construction utilisés pour le projet seront achetés localement et tous les travaux de consultation et de conception seront réalisés par des entreprises locales. » En plus des 35 emplois créés, il ajoute que le projet pourrait générer « 3,2 millions de dollars en nouvelles évaluations commerciales au rôle d’évaluation foncière de la Ville dès sa première année, prévue en 2027. »
Le projet pourrait aussi soulager le réseau hospitalier, notamment l’Hôpital Montfort, selon Amir Mourad Sadek : « Environ 75 % des cas qui se présentent actuellement à l’urgence pourraient être traités ici. » Une collaboration avec Montfort est d’ailleurs envisageable pour le promoteur.
Face à une telle affirmation, le directeur des communications de l’hôpital Montfort, Martin Sauvé, est plus prudent : « Montfort n’est pas partie prenante du projet en question à ce stade. Il serait donc prématuré de commenter des scénarios hypothétiques. »
S’il existe déjà des collaborations entre Montfort et divers partenaires, il n’est pas question pour l’heure de « fournir » des patients à l’éventuelle nouvelle clinique.
Mais Amir Mourad Sadek l’affirme : « Je ne fais pas ce projet pour moi seul. Je le fais pour toute la communauté, pour les familles et pour la prochaine génération.