Le nombre de personnes en situation d’itinérance qui se trouvent à Orléans demeure plutôt constant ces dernières années, d’après ce qu’observe le Centre de ressources communautaires Orléans-Cumberland (CRCOC).
L’intervenante à l’accueil du CRCOC, Chloé Bergeron-Leblanc, rappelle néanmoins que les personnes en situation d’itinérance chronique « sont souvent peu visibles, particulièrement en contexte de banlieue ».
Elle rapporte que moins d’une dizaine de personnes sollicitent de « façon récurrente » les services du CRCOC en matière d’itinérance.
« Il s’agit souvent de personnes en situation transitoire, qui vivent dans leur véhicule, dans des espaces extérieurs ou qui alternent entre différents lieux d’hébergement temporaire chez des connaissances », explique-t-elle.
Les personnes sans-abri qui se présentent au CRCOC sont dirigées « vers les ressources qui répondent le mieux aux besoins identifiés », détaille l’intervenante.
« Nous offrons un sac de dépannage d’urgence [...], offrons un rendez-vous à la banque alimentaire adapté à leur réalité ainsi qu’offrons des options au niveau de l’hygiène corporelle », énumère Chloé Bergeron-Leblanc. « Nos ressources et notre capacité sont limitées, mais nous tentons de leur offrir le plus de soutien possible. »
Lorsque le CRCOC est mis au courant de l’emplacement d’une personne vivant en situation d’itinérance à Orléans, il avertit les services spécialisés « qui se déplacent et offrent un appui volontaire ainsi que des items, dont des bottes d’hiver, des manteaux, de l’eau, etc. », poursuit l’intervenante à l’accueil.
Mme Bergeron-Leblanc tient toutefois à rappeler que « la décision d’accepter un abri d’urgence reste volontaire et au choix de la personne ».
Si jamais la personne refuse de recevoir de l’aide, « les services respectent la décision [...] mais tentent de les soutenir autrement. »
Chloé Bergeron-Leblanc soulève également que « certaines églises de la communauté peuvent occasionnellement offrir des dons de nourriture ou de vêtements chauds. Il est également possible que le Centre de ressources de l’Est d’Ottawa desserve aussi certaines de ces personnes au sein de leur programme de ressources et aiguillages ».
Elizabeth Tanguay, la directrice générale de Montfort Renaissance, l’organisme qui opère les Terrasses Montfort Renaissance, situées sur le boulevard Saint-Joseph, observe, pour sa part, qu’au cours de la dernière année, « certaines personnes se sont présentées directement aux Terrasses Montfort Renaissance pour demander un abri ou un lit pour la nuit ».
Selon elle, il s’agit « d’un phénomène nouveau qui indique que des besoins existent également dans ce secteur, même s’ils sont moins apparents qu’au centre-ville d’Ottawa ».
« Les Terrasses Montfort Renaissance offrent un milieu de vie avec soutien
24 heures sur 24, 7 jours sur 7 à 48 adultes ayant vécu de l’itinérance chronique et vivant avec une combinaison de défis, tels que la santé mentale, les dépendances, des problèmes de santé physique ou perte d’autonomie, de l’insécurité alimentaire, et une difficulté à maintenir un logement », indique Mme Tanguay. « Notre objectif est de favoriser la stabilité résidentielle, la sécurité, et un quotidien digne. »
Elizabeth Tanguay raconte qu’une cliente lui a déjà confié : « j’existe depuis que j’ai un casier postal »... une phrase qui « illustre bien l’impact que peut avoir un logement stable », soutient la directrice générale.