Le 6 juillet, les pays membres de l’Assemblée générale des Nations Unies ont voté 136 contre 9 en faveur de la levée du blocus économique américain contre Cuba, avec 20 pays qui se sont abstenus, dont le Canada.
C’est probablement la seule et unique fois où je me suis senti honteux d’être Canadien — et tout Canadien qui soutient le droit de chaque être humain à vivre dans la dignité, sans menace constante sur sa vie et celle de ses proches, devrait l’être également.
Car n’en doutez pas : le blocus actuel et l’embargo de 67 ans en cours contre Cuba et son peuple constituent un crime contre l’humanité qui devrait être jugé devant la Cour internationale de Justice, et non débattu à l’Assemblée générale des Nations Unies dans le cadre d’une résolution non contraignante.
Le blocus a entraîné une famine énergétique généralisée, de graves coupures de courant pouvant atteindre 22 heures par jour, ainsi que des pénuries critiques de carburant, de nourriture et de médicaments. L’essence pour les voitures particulières est inexistante et n’est désormais réservée qu’aux services d’urgence, aux militaires et à un service de transport en commun limité. La plupart des épiceries sont vides et, lorsqu’elles reçoivent des denrées alimentaires, les gens doivent faire la queue pendant des heures pour avoir la chance d’en acheter un peu.
Le carburant nécessaire au fonctionnement des centrales électriques est encore plus crucial. Les gens ne dépendent pas de l’électricité uniquement pour garder leur réfrigérateur en marche ou regarder la télévision. L’électricité est indispensable au fonctionnement des hôpitaux, des machines de dialyse et des écoles. Et il faut du carburant pour faire tourner les générateurs.
Ainsi, plutôt que de condamner le blocus américain qui met des vies cubaines en danger, y compris celles de jeunes enfants, le gouvernement libéral de Mark Carney a choisi de s’abstenir plutôt que de risquer de contrarier Donald Trump.
Pierre Trudeau, qui fut le premier dirigeant d’un pays membre de l’OTAN à se rendre dans un Cuba post-révolutionnaire en 1976 et qui entretenait des relations amicales avec Fidel Castro, doit se retourner dans sa tombe. Non pas qu’un gouvernement conservateur aurait fait autrement. En fait, Pierre Poilievre aurait peut-être voté contre la résolution et en faveur de l’embargo américain.
Mais là n’est pas la question. La question est que le Canada — et cela nous inclut tous — n’a pas eu les tripes de voter contre ce qui est un embargo indéfendable. Le Canada aurait dû voter contre et faire tout ce qui est en son pouvoir pour envoyer de l’aide humanitaire, notamment du carburant pour les soins médicaux.
Le Canada et les Canadiens ont été parmi les plus grands alliés de Cuba pendant plus de 40 ans. Rester sur la touche pendant que des amis souffrent n’est pas digne de cette amitié. L’abstention du Canada est une tache noire sur notre pays..