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2 avril 2026


 


 






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Attendre, un art perdu dans un monde trop rapide
Léa LaBossière Vobornik, 12e année
École secondaire catholique Garneau
2 avril 2026

Cette réflexion a commencé avec le reflet d’un écran de cellulaire observé du coin de l’œil, une banale indiscrétion qui m’a renvoyée une image éloquente de notre société. En suivant les doigts rapides qui tapotaient l’écran sans relâche, j’ai observé l’individu ouvrir l’application d’Uber Eats et se commander… un cornet de crème glacée molle.

J’ai trouvé ça marrant, car j’ai toujours vu ce genre de service de livraison utilisé pour commander des repas de dépannage, jamais pour une fringale spontanée. Une glace rime souvent avec une sortie entre amis, une marche d’été ou un détour pour s’offrir une traite. Mais aujourd’hui, la glace peut aussi arriver par elle-même, commandée sur un coup de tête et livrée sans que l’utilisateur n’ait besoin de bouger plus que ses pouces le long d’un écran.

L’acheteur, à peine l’achat passé, est retourné à un quelconque média social où il s’est mis à faire défiler des vidéos courtes à un rythme ahurissant, ne prêtant, en apparence, pas grande attention au contenu, mais semblant incapable de s’arrêter. Cette parade, qui a duré toute l’attente entre l’achat et l’arrivée de sa crème glacée, était ponctuée de vérifications fréquentes de l’état de la livraison de sa commande et de quelques soupirs impatients. Car après tout, n’est-ce pas choquant que la crème glacée ait mis un gros dix minutes à arriver?

Moi, ce qui m’a choqué, c’est plutôt que moins d’un quart d’heure a suffi pour transformer une envie passagère en attente insupportable.

Le problème dépasse largement les services de livraison de nourriture. Il se retrouve dans presque tous les recoins de notre quotidien. On écoute les chansons en accéléré. On saute les introductions des séries. On remplace les temps morts par des vidéos de quinze secondes qu’on fait défiler à la recherche de nouveaux stimulus.

Ces habitudes entraînent notre cerveau à chercher des récompenses immédiates, à vérifier constamment les notifications, à vouloir tout obtenir instantanément. Dans notre société moderne, tout est disponible immédiatement et le moindre vide devient inconfortable, car chaque seconde sans stimulation paraît comme une occasion manquée.

La rapidité a bien sûr d’innombrables avantages. Elle simplifie les journées chargées, facilite l’accès à des services et rend la communication plus pratique. Mais lorsqu’une crème glacée livrée en dix minutes paraît comme une attente insoutenable, il faut se demander si nous n’avons pas oublié comment vivre avec le temps qui passe en tant que société.

Le plus ironique de tout cela, c’est que l’attente n’a pas disparu, elle a simplement changé de forme. On la cache lorsqu’on vérifie, rafraîchit, défile, soupire. Pas nécessairement parce qu’on est pressé, mais parce qu’on est en manque de dopamine. Dans une société où tout doit aller vite, même une envie passagère devient urgente. Comme quoi, ce petit cornet de crème glacée en dit long sur une époque où notre impatience n’a plus besoin de prétexte.

 

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L’Orléanais présente mensuellement des chroniques historiques ayant trait aux noms francophones des voies publiques, des parcs, des salles et des installations d’Orléans. Ces chroniques sont écrites par la Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans (SFOPHO) www.SFOPHO.com afin de faire connaître le patrimoine et l’histoire d’Orléans.

 
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