L’arrivée de l’été, fin juin, sonne la récréation ou plutôt le début des vacances scolaires. Durant mon enfance, l’école occupait quasiment toute notre journée, car il n’y avait guère d’autres activités parascolaires ou sportives pour meubler notre temps libre.
On jouait bien sûr avec nos camarades, mais c’était en plein-air et surtout sans écrans pour nous occuper pendant des heures comme aujourd’hui. Nous avions donc une vie plus saine, surtout plus aérée et nous aidions souvent à la maison en fonction de notre âge.
Les grandes vacances étaient donc l’occasion de jouer dehors tous les jours ou d’aider aux travaux saisonniers de la ferme, notamment la fenaison (on aimait se rouler dans les andains de foin qui sentait bon l’herbe séchée au soleil) et la moisson avec la bonne vieille moissonneuse-lieuse qui coupait les épis de blé, les couchait sur un tapis et les ficelait en bottes pour nous permettre de les dresser en tas circulaires inclinés vers le centre, avec une botte-chapeau au sommet, afin de les laisser sécher au soleil (si la météo était clémente) avant de les rentrer dans la grange pour finir le séchage en hiver, avant le battage au printemps (par une entreprise qui se déplaçait de ferme en ferme).
Aujourd’hui, les moissonneuses-batteuses font tout ce travail en une seule fois et garantissent une meilleure qualité des grains que l’on récolte uniquement quand ils sont bien mûrs et donc immédiatement commercialisables.
Il faisait souvent très chaud dans les champs et nous aimions surtout les pauses rafraîchissantes (avec des bouteilles de limonade ou de cidre que l’on attachait par le goulot avec une ficelle pour les mettre au frais dans le puits ou le ruisseau le plus proche). Et aussi les pique-niques lorsque les champs étaient trop éloignés pour revenir luncher à la maison : la baguette, les salades, les œufs durs, le jambon, le saucisson, les pommes de terre cuites en robe des champs, le fromage et les fruits de saison (que l’on pouvait aussi cueillir parfois dans les champs, comme les pommes, les mûres ou les prunelles.
On avait aussi toujours la possibilité de jouer au foot (soccer) dans les prés, car cela ne demandait aucun habillement particulier et on installait des buts de fortune avec des bâtons trouvés sur place.
Les plus chanceux pouvaient aussi aller passer un mois dans des colonies de vacances subventionnées en fonction des revenus de la famille, souvent organisées par les paroisses locales au bénéfice des familles les moins aisées.
J’ai eu la chance d’aller deux fois en Alsace, mais les conditions étaient spartiates sous la tente, surtout lorsqu’il pleuvait, et les grands colons n’étaient pas toujours gentils avec les plus petits. L’intimidation et le taxage existaient déjà à l’époque. Mais on apprenait de nouveaux jeux, on marchait beaucoup et on se faisait de nouveaux amis.
Aujourd’hui, les camps d’été sont très populaires au Canada et mes petits-enfants ont la possibilité de pratiquer de nouveaux sports chaque année (tennis, soccer, volley-ball, basket, badminton, pickleball, tir à l’arc, etc.) dans des installations sportives de grande qualité.
J’ai aussi la chance de pouvoir les inviter chez moi pour se baigner (avec un toboggan et un tremplin), jouer à la pétanque (sur un vrai boulodrome construit par mon père) ou au soccer (en installant des buts portatifs). Voilà mes principaux souvenirs des grandes vacances en France et au Canada. À la revoyure.