Né dans une ferme de polyculture dans les Ardennes, le potager a toujours été indispensable pour subvenir aux besoins essentiels d’une famille de 6 enfants. Mes parents n’étaient pas riches et la ferme parvenait tout juste à nourrir la famille.
Heureusement, le lait des vaches apportait un chèque mensuel crucial, car les céréales donnaient des rendements très variables et la météo nous jouait parfois des tours, surtout au moment de la moisson (avec une moissonneuse-lieuse et non une moissonneuse-batteuse). Alors, l’élevage des lapins, des cochons et des volailles venait agrémenter un menu parfois spartiate. Et le complément idéal venait du verger aux fruits abondants (surtout prunes et pommes) et du potager qui occupait une belle place dans le jardin familial.
Après notre déménagement à la ville voisine (car la ferme n’était plus rentable), mon père a toujours cultivé un potager magnifique qui faisait l’envie des voisins, car il ne laissait pas un centimètre carré inoccupé. Ses rendements étaient extraordinaires (15 à 20 tomates sur un seul pied), mais il allait chercher chaque année du fumier dans des fermes proches pour engraisser son jardin.
Bien qu’ayant passé moi-même 17 étés à la ferme, je n’étais pas un expert lors de l’achat de ma première maison à Ottawa, mais je cultivais quand même un minuscule potager, surtout pour faire plaisir à mes deux enfants.
Toutefois, ma maison actuelle m’a permis de développer ce goût davantage, car le terrain vaste le permettait et un coin semblait déjà réservé derrière le garage. Après un réaménagement extérieur, je pouvais enfin accéder au pourtour du potager.
Mais le terrain n’était guère propice et il a fallu rajouter beaucoup de terre noire pour avoir une épaisseur suffisante. Au début, je faisais mon propre compost, mais il s’est vite avéré de faible qualité, car il contenait trop d’herbe par rapport aux autres végétaux disponibles. Alors, je préfère acheter des sacs de terreau et de fumier pour compléter l’apport de terre noire au moment du bêchage. Ensuite, je trace les sillons et je délimite mes carrés à planter avant d’acheter les plants dans une jardinerie locale. Certains amateurs démarrent leurs semis chez eux, mais cela demande beaucoup d’espace et de temps pour arriver à temps pour la saison du repiquage.
Au Canada, les plantations ne peuvent guère se faire avant la mi-mai à cause des risques de gel, surtout pour les végétaux fragiles. Cette année, j’ai terminé le 18 mai, sans oublier d’installer aussitôt un grillage pour empêcher les marmottes de venir déguster mes salades, comme ce fut le cas précédemment.
J’essaie de diversifier mes choix, car les rendements ne sont pas toujours à la hauteur de mes attentes. J’ai planté des tomates, des tomates-cerises (mes préférées), des salades (surtout la feuille de chêne), des courgettes, du céleri-feuille, des haricots verts (une nouveauté), des concombres anglais (près d’un espalier pour les laisser grimper) et des poireaux. J’ai aussi semé des graines de radis, de carottes et de navets entre les rangées déjà occupées.
J’ai aussi en permanence des plantes vivaces, comme de l’échalote française, de la menthe, de la ciboulette nature et à l’ail, du thym-citron et de l’oseille (plante peu connue ici, mais qui pousse abondamment et fait de très bonnes soupes avec des oignons, des pommes de terre et du poireau). Et je termine avec mes fines herbes annuelles, comme l’estragon, l’origan, le romarin, l’aneth, le basilic, la coriandre et le persil frisé ou italien.
Voilà pour mon travail de jardinier amateur, en espérant une récolte plus abondante que l’an dernier. À la revoyure!