Même si l’Europe connaît un hiver difficile avec des chutes de neige abondantes, des avalanches meurtrières et des inondations catastrophiques inhabituelles, l’hiver canadien est aussi très influencé par les caprices de la météo.
Arrivé au Canada en janvier 1972 au cœur d’un hiver très enneigé, j’ai dû chercher un appartement dans des conditions rocambolesques, avec de la neige poudreuse jusqu’en haut des cuisses dans des entrées résidentielles souvent non déneigées. Et ce n’était rien par rapport à l’hiver précédent qui détient encore le record avec 4,44 m de neige à Montréal, paralysée pendant plusieurs jours.
Heureusement, j’ai vite appris à découvrir les sports d’hiver locaux. Le patinage sur le canal Rideau, plus longue patinoire naturelle au monde avec ses 7,8 km de glace bien entretenue, m’a permis de réaliser le rêve de tout Européen en la parcourant intégralement une fois (avec moult arrêts sur des bancs pour reposer mes pieds meurtris dans des patins en cuir trop serrés).
Après cet exploit personnel, j’ai repris le ski alpin (appris dans les Alpes) à Camp Fortune, au nord de Gatineau, une des quatre petites stations familiales de la région très achalandées grâce à leur proximité (30 à 45 minutes) avec Vorlage, Mont Cascades et Edelweiss. Parmi les 53 domaines skiables en Ontario, le plus proche d’Ottawa se trouve à Mount Pakenham et les autres stations les plus connues se trouvent à Caledon, Calabogie et Collingwood.
Ce fut aussi l’époque de la découverte du ski de fond dans le parc de la Gatineau avec quelques montées éreintantes et aussi quelques descentes abruptes difficiles à contrôler, avec une chute spectaculaire dans un virage et un ski brisé, car planté à la verticale dans la glace!
Le soccer ayant enfin trouvé des terrains en salle, j’ai passé plusieurs hivers à jouer au « foot » bien au chaud dans les gymnases de la région. Je n’ai repris le ski alpin qu’avec mes deux enfants d’abord et mes quatre petits-enfants aujourd’hui. Mais les belles montagnes que je fréquente occasionnellement sont assez éloignées (Whistler, au nord de Vancouver, le Mont Tremblant, le Mont Blanc et Saint-Sauveur dans les Laurentides et Stoneham, le Mont-Ste-Anne et le Massif près de Québec).
Alors, je me suis initié à la raquette, car, avec des tempêtes moins abondantes, la raquette permet de sortir avec 10 cm de neige. Habitant tout près de la rivière des Outaouais, je peux chausser mes raquettes dans mon garage, traverser mon jardin, emprunter un chemin piétonnier, traverser une promenade pour me retrouver au bord de la rivière où des bénévoles dament la piste avec des machines depuis quelques années pour le plaisir des nombreux fondeurs et raquetteurs. C’est tellement agréable de marcher dans la neige fraîche, car on a l’impression de s’enfoncer dans une couche de ouate naturelle.
Et lorsque le temps est inclément, je pratique depuis deux ans le pickleball, sport à la mode en Amérique du Nord. Créé au départ en doubles seulement pour les séniors pour bouger et socialiser, ce mélange de ping-pong et de squash ou de badminton sur un mini-terrain de tennis est vite devenu viral avec maintenant des tournois et des championnats, en simples aussi, pour tous les âges.
L’hiver canadien peut donc être fort agréable si on pratique des sports locaux adaptés au climat et si on brave le froid et le vent parfois cinglant. Réchauffez-vous avec une tisane chaude devant un bon feu à l’âtre. À la revoyure!